Une Beauté Fatale

La beauté est éphémère et ses idéaux changent d’année en année.

Aujourd’hui, nous les femmes, faisons des efforts considérables, parfois presque inhumains, afin de répondre au modèle imposé et d’attirer l’attention de nos princes charmants.
Mais quand la vie vous semblera difficile et que vous perdrez toute confiance en vous, sachez qu’il y a quelques années encore et même aujourd’hui, dans certains coins éloignés de la planète, les femmes subissaient et subissent des procédures dites cosmétiques mais qui se rapprochent plus de l’univers de la torture.

Les Corsets

Le corset est considéré comme un des plus vieux attributs de la mode, utilisé encore aujourd’hui. Mais les pièces de nos jours n’ont presque rien en commun avec leurs ancêtres d’autrefois.6fc89dbeb5b48c8ef7a765d03aa9ea03

Au XVème siècle le modèle de la silhouette féminine prônait des formes presque grotesques : une taille de guêpe (au sens littéral de ce terme) avec une poitrine volumineuse. Bien sûr, les femmes ne pouvaient atteindre ce résultat de manière naturelle. Les pauvres filles serraient tellement leurs corsets, que bien souvent leurs organes se trouvaient endommagés à jamais et la circulation du sang était si mauvaise, que les évanouissements et des morts précoces entraient presque dans la norme. Autrefois, le tour de taille idéal était de 40cm, mais Ca438066-extremecorsetingortight-lacingtherine de Médicis a rendu la norme encore plus inhumaine : 33cm.

Les matériaux de fabrication des corsets variaient selon les époques et selon les normes de la silhouette : ça pouvaient être du fanon de baleine, du bois, du cuir et même du métal ! Ces constructions étaient non seulement inconfortables, mais aussi très lourdes. Les corsets empêchaient souvent le passage d’air vers le corps, provoquant ainsi, mise à part des évanouissements, des irritations graves de la peau.
Bien heureusement, les corsets ont été délaissés par les femmes quand elles se sont intéressées aux premières balades à vélo, vers la fin du 19ème siècle. D’ailleurs, les premiers soutiens-gorge ont fait leur apparition au même moment.

La Cosmétologie Radioactive

Au début du 20ème siècle, le radium était vu comme le remède à tous les maux dans tous les domaines. Que ça soit l’univers de la médecine, de l’industrie ou de la gastronomie… tous faisaient des éloges interminables à ce sujet ! On ajoutait du radium partout : dans l’eau, dans les produits laitiers et même dans le dentifrice. Mais rapidement, l2Tho-Radia_MD_rdbes adeptes de cette pratique ont saisi toute l’ampleur des dégâts.

Dans  les années 40, une marque de cosmétiques françaises « THO-RADIA » avait une notoriété folle auprès des dames qui souhaitaient être belles à tout jamais. La marque proposait un large choix de produits : crèmes, poudres, rouges à lèvres…tous faits à base de radium.

On ventait ces cosmétiques en affirmant qu’elles lissent miraculeusement les rides les plus profondes, donnent un beau teint et ralentissent le vieillissement de la peau. Mais la cerise sur le gâteau était une jolie paralysie ou un magnifique cancer du cerveau, faisant de nos belles des cadavres de toute beauté!

La Belladone

De l’italien, cette jolie plante se traduit par « belle femme ». En Grèce Antique, on considérait la belladone comme une baie magique. Une fois qu’elle était avalée par une sorcière, celle si s’envolait.
Malheureusement pour nous, êtres humains ordinaires, la plante possède un caractère très toxique, pouvant provoquer de sérieux troubles neurologiques, souvent mortels.1000773-Belladone
Le jus des baies de la belladone, une fois mis dans les yeux, les rendait plus brillants et dilatait fortement la pupille (imitant donc l’effet d’une forte excitation sexuelle). C’est pour cela que les femmes de la Renaissance en raffolaient : ça faisait craquer les hommes! De plus, les gouttes de la belladone faisaient un peu loucher, ce qui était caractéristique de beauté à l’époque.
Mais ce que les hommes ne savaient pas, c’est que la fille aux beaux yeux dont ils tombaient amoureux, allait bientôt devenir complètement borgne. Au fil de l’utilisation, la belladone baissait fortement la vue des jeunes femmes, et la plupart restaient aveugles à vie.

Le Fard de Plomb

Encore en Antiquité, avoir une peau sans défauts et un teint blanc était le summum de la beauté féminine. Mais vers le 17ème siècle ceci est devenu une obsession : plus blanc était le teint, plus belle était la fille. Le blanc était considéré comme le symbole de la pureté et de l’innocence, mais aussi de l’aristocratie (contrairement aux paysans qui travaillaient dans les champs et étant donc très bronzés).4

Malheureusement pour cette époque, il était très difficile de garder sa peau saine : les maladies d’épiderme étaient assez récurrentes pour l’époque (où) l’hygiène laissait à désirer. La plupart de temps, même après la guérison, les pauvres victimes de ces troubles étaient obligés de supporter leurs visages défigurés par les cicatrices.

Mais la solution miracle était le fard. Fait à base d’oxyde de plomb. Il arrivait parfaitement à masquer toutes les rougeurs, les cicatrices et autres disgrâces en rendant la peau très claire et parfaitement lisse.
Le revers de la médaille fût l’excès de plomb dans l’organisme, provoquant des maladies graves tels que les tumeurs au cerveau, les maladies neurologiques et la paralysie d’organes. Décidément, l’expression « souffrir pour être belle » nous vient probablement de cette époque.

Arsenic

Ah, qu’est-ce que les femmes ne feraient pas pour donner à leur corps des ronAsdeurs attirantes et de la fraîcheur à leur visages ! Vers le 19ème siècle, une nouvelle mode dictait aux jeunes femmes de manger des graines d’arsenic, afin d’avoir un résultat resplendissant. L’arsenic étant un poison très dangereux, son ingérence était fortement réglementé (commencer par une moitié de la graine et augmenter peu à peu la dose jusqu’à deux graines à chaque début du mois). Tout le monde savait qu’une fois qu’on commençait à les prendre, on ne pouvait plus s’arrêter, sinon la conséquence était mortelle.
Le corps s’adaptait à ce poison pendant un certain temps et les résultats extérieurs étaient remarquables! Mais le produit s’accumulait dans le corps et affectait fortement la thyroïde, en provoquant des goitres douloureux, pouvant mener bien souvent au décès de la belle.

Parasites

C’était certainement l’équivalent de nos pilules minceur. Enfin… un peu plus vivant.
Les ténias ou autrement dis, les vers solitaires, sont des parasites qui s’installent dans le corps humain et consomment une partie des aliments qu’il mange afin de se développer dans l’intestin. En d’autres termes, plus on mange, plus le ver grossit. Bien sûr, quand ce genre de petit monstre vit en vous, il est littéralement impossible de prendre du poids. Mieux encore : plus le vers grossit et plus d’aliments il consomme. A force de nourrir leur « animal de compagnie », les femmes maigrissaient à vue d’œil.vers
Il y a encore quelques années, elles avalaient volontairement ce parasite sous forme de pilule, afin de garder leurs silhouettes de déesses. Elles le portaient pendant des mois, voire des années, sans pour autant ressentir le moindre déconfort. Il y a eu des cas, où le parasite atteignait 30 mètres de long ! Mais tout n’était pas si simple.
Quand le ver devenait assez (trop) grand, il causait souvent des douleurs abdominales, des troubles de digestion et de transit voire même de l’anorexie.
Bien sûr, le ver pouvait être extrait du corps, mais tout cela se déroulait souvent dans un état conscient de la patiente et par la voie buccale. Imaginez seulement : voir sortir de sa bouche un long ver vivant se tortillant dans tous les sens ! Personnellement, j’en perdrai l’appétit à tout jamais.

La mode Napoléonienne

Sous le Premier Empire, la mode dictait des règles complètement nouvelles : les femmes délaissaient désormais leurs corsets et leurs lourdes parures afin d’opter pour une légèreté volatile.
Le courant en vogue de cette époque s’inspirait fortement de la Grèce Antique et les fashion-victims comme Joséphine de Beauharnais étaient prêtes à tout pour ressembler à des statues grecques, souvent représentées dans des tuniques légères et fluides.
Ainsi, les jeunes femmes sous l’Empire se paraient de fines robes en mousseline, ne cachant strictement rien de leur corps. Elles étaient totalement transparentes, à manches courtes avec des décolletés vertigineux. Ces robes pesaient 300 grammes au maximum !14138529
Les dames plus réservées portaient en dessous quelque chose qui ressemblait à un body, mais les vraies modeuses n’hésitaient pas à mettre ces « tuniques » sur un corps nu directement. Pendant ces années-là, les magazines écrivaient souvent, que « si la partie basse du corps chez une femme n’est pas visible, nous pouvons affirmer qu’elle ne sait pas s’habiller ».
Vous pouvez le deviner, ces habits ne pouvaient pas tenir chaud.

Les hivers européens étaient tout simplement massacrants pour les jeunes femmes, qui sortaient dehors à -15° seulement en robe de mousseline, portant par-dessus seulement un léger châle. Mais ce n’est pas fini ! Afin d’attirer le regard masculin elles ajoutaient à leur look encore plus de dramatisme antique. Les belles aspergeaient leurs robes avec de l’eau, dans le but que celles-ci leur collent encore plus à la peau.

Ainsi, étant « presque habillées », les jeunes femmes mourraient en masse de pneumonie. Au vue de l’état de la médecine d’autrefois, soigner ce genre de mal était presque impossible.

***

Il faut rappeler le fait, que les femmes, qui utilisaient ces « techniques » de beauté étaient tout à fait conscientes des conséquences qui les attendaient et n’hésitaient aucunement à se lancer dans ce gouffre.
Mais pourquoi tous ces efforts et sacrifices ?
La réponse est évidente : chaque femme aimerait se sentir belle, aimée, admirée et désirée. Mais les lois de la mode dictent leurs propres règles, et il faut les respecter…
Vous savez, en comparant ces exemples à notre époque, je trouve que rien n’a changé. Certes, le maquillage est beaucoup plus sécurisant aujourd’hui et la médecine a fait des progrès cosmiques. Mais quand même. Les filles de nos jours trouvent bien d’autres moyens de « torture » et tout cela pour la même raison.

 

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4 réflexions au sujet de « Une Beauté Fatale »

  1. Cet article est génial ! Je n’avais pas la moindre idée qu’on ait pu utiliser du radium ou de l’arsenic à des fins cosmétiques ! Quelle horreur ! En toute logique, nous utilisons probablement des substances tout aussi dangereuses. Les générations à venir nous prendront également pour des inconscientes d’avoir utilisé quoi ? du botox ? du venin de serpent ? des silicones ? C’est terrifiant !

    PS : tu écris vraiment bien ! Et ton design est superbe !

    Aimé par 1 personne

    1. Dans quelques années je ferai certainement la partie 2 de l’article, pour parler justement des horreurs d’aujourd’hui 🙂 D’autant plus, que dans quelques années la science ou bien la médecine traditionnelle vont inventer certainement quelque chose de tout aussi dévastateur, en le faisant passer pour quelque chose de sur, voire bénéfique pour la santé.

      Merci beaucoup pour ce compliment, tu es la première personne qui a osé de laisser un commentaire sur mon blog (Enfiiiiin!), donc je te suis vraiment reconnaissante!
      Je suis bien surprise que tu as apprécié le design (vu que je suis totalement novice en la matière), dans quelque temps je compte le changer, pour en faire quelque chose de plus clair, qu’en penses tu?

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  2. Hey!
    Article hyper complet, très très intéressant. Tu m’as appris beaucoup de choses!
    Je connaissais la corset et le fond de teint à l’oxyde de plomb, mais là… :0
    C’est juste terrifiant!
    S’accepter telle que l’on est est le meilleur moyen de rester en vie!

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, je suis tout à fait d’accord, s’accepter et s’aimer est très important! Mais malheureusement à l’époque il était très difficile pour une jeune fille de ne pas suivre cette mode dévastatrice : celle qui se démarquait ainsi était souvent considérée comme « folle » ou « bizarre ». Souvent ce genre de filles ne pouvaient se trouver de mari, ce qui était primordial pour une femme autrefois!

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